Bonnardot commente "Vue prise du Quai des Grands-Augustins"

Publié le par Bloggesse

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7. — Vue prise du quai des Grands-Augustins. — Le couvent de ce nom est caché par le profil d'une maison en saillie, laquelle forme repoussoir, au premier plan, à gauche. On domine le quai, où circulent un grand nombre de personnages et une file de carrosses. — Aux abords du Pont-Neuf sont alignées des sortes de tentes en toile, destinées sans doute à la vente de la volaille, car là déjà était le marché spécial dit la Vallée. L'horizon est borné par le Pont-Neuf, le Cheval de bronze, la galerie du Louvre, etc.

A droite du tableau s'étend une partie des maisons du quai des Orfèvres, telles à peu près qu'elles existent aujourd'hui; on y voit déboucher la rue de Harlay (qu'on abat à cette heure), mais celle de Jérusalem est cachée par une grande maison du premier plan de droite. Cette maison, le point le plus curieux du tableau, terminait une ligne de hauts bâtiments, élevés vers 1643, et formant, à partir du pont Saint-Michel, avec ceux adossés à l'enceinte méridionale du Palais, une rue dite Saint-Louis, laquelle, à la hauteur de la rue de Jérusalem, faisait place au quai des Orfèvres. Leurs bases reposaient sur la berge de la rivière, ou plutôt sur la levée du quai.

Cette maison offre un échantillon assez semblable à celui que nous a fourni le précédent tableau, à propos du Petit-Pont. Elle est, au reste, si chargée de bistre, qu'on a peine à deviner si elle est de pierre ou de bois; on y compte cinq étages, à partir du niveau du quai, et les rangs des fenêtres sont très-serrés. Le mur du rez-de-chaussée, qui encaisse la Seine, est construit de fortes pierres, et percé de plusieurs voûtes ou descentes à la rivière, que les eaux envahissaient dans les grandes crues.

A la façade de cette haute maison est adossé un corps de logis à deux étages, en saillie , soutenu comme un balcon par trois grandes consoles de pierre. Presque à chaque fenêtre s'encadre le buste d'un personnage, qui regarde l'eau couler. Cet ensemble, bien que sans cachet archéologique, mériterait néanmoins d'être reproduit par la gravure; au reste, nous signalerons un jour une aquarelle de la collection de M. Destailleurs, architecte, où se trouve dessiné ce même bâtiment et aussi, je crois, celui qui le suit vers l'est. La rue Saint-Louis-du-Palais n'existe déjà plus sur l'Atlas de Paris par Maire, 1808.

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